12 - 9084, LA PROPULSION LEHOUINE

Publié le par MisterBolt

12 - 9084, LA PROPULSION LEHOUINE

9084, LA PROPULSION LEHOUINE

 

Ursula Lehouine fut un Être comme il n’en existe qu’un ou deux par siècle dans l’Univers de l’Empire.

 

Acolyte de l’Ordre de la Vertu Démoniaque, Enseigne Navyborg, Vendeuse diamantaire, cette humaine aux multiples talents ne se réalisa pleinement que chez les Teknos… Promus au rang d’Architecte en un temps record, elle s’entoura des meilleurs ingénieurs et disparut dans la Galaxie.

 

Quinze ans plus tard, en 9084, Ursula Lehouine reparut à bord d’un navire hyperluminique d’un type nouveau. Il était plus lent que les vaisseaux Varlet, certes, mais beaucoup plus gros que tout ce qu’il avait été possible de construire jusque-là. Arrivée sur Prima, elle remit solennellement à l’empereur l’énorme engin. Ensuite, elle embarqua avec toute son équipe à bord d’un Valet, transporté dans les soutes de son « Léviathan »… et se saborda dans le Triche-lumière, emportant son secret dans la tombe.

 

L’opposition larvée de la Loge Tekno à l’Empereur Olaff II permit alors à la fidèle Guilde Navyborg de devenir détentrice d’une formidable découverte : la propulsion Lehouine, qu’Ursula Lehouine venait de remettre à sa Majesté.

 

L’habile Guilde Navyborg argua qu’il était dangereux de laisser aux puissants, et contestataire, Teknos le contrôle d’une chose aussi essentielle à l’Empire que le voyage spatial ? La Guilde Navyborg suggéra donc respectueusement à sa Majesté de lui confier les deux systèmes de propulsion hyperluminique.

 

Désireux de marquer sa réprobation aux Teknos, sans toutefois se les mettre définitivement à dos, sa Majesté Olaff II, homme faible mais fin, trancha de la façon suivante : aux Teknos la propulsion Varlet pour les vaisseaux de petit tonnages, aux Naviborg les énormes astronefs qu’autorisait désormais la propulsion Lehouine. Ainsi fut à jamais scellé la complémentarité Teknos-Naviborg. Dés sa découverte, le secret de la propulsion Lehouine devint le mieux gardé de l’Empire. La possibilité de déplacer d’énormes vaisseaux à travers le Triche-Lumière donnait, à qui le possédait, le contrôle de la Galaxie.

 

Les Teknos voulurent faire d’Ursula Lehouine l’équivalent de ce que Rosalia Goutte-de-Pluie représentait pour les Navyborgs, mais l’impact sur le public fut moindre et malgré son caractère mélodramatique, l’histoire d’Ursula ne devint jamais une Légende.

 

Les vaisseaux Lehouine à usage militaire sont affrétés par l’Empereur qui en confie la gestion à l’Armée sous le contrôle technique de la Guilde Navyborg. Les vaisseaux civils sont commandités par la Guilde Navyborg grâce aux fonds de compagnies interstellaires ou de fortunes privées. La Guilde Naviborg leur en cède l’usufruit mais garde la propriété du navire. Chacune des grandes guildes possède quelques-uns de ces navires. Mais bien sûr, la Hanse des Marchands est le principal client de la Guilde Tekno. Seule la Hanse peut faire face aux frais exorbitants que représente le maintien d’une flotte complète en état de marche ; elle seule sait rentabiliser chaque voyage, grâce à sa connaissance des marchés de fret et de passagers. Presque toutes les lignes commerciales régulières utilisant des Lehouines appartiennent à la Hanse.

 

Un vaisseau Lehouine possède une masse « minimale » de 1 million de tonnes. C’est en général un gigantesque parallélépipède plat à l’extrémité duquel est arrimée une immense sphère scellée : la salle des machines. Un Lehouine est lent  (3 équivalent année-lumière de l’heure) mais son autonomie et sa taille sont virtuellement infinie.

 

Incapable d’approcher les systèmes stellaires, un Lehouines est tributaire des Grands-Ports en Espace Profond, qui gravitent au-delà des planètes les plus extérieures.

 

Lorsqu’il se déplace, un Lehouine laisse derrière lui une trainée de noirceur appelée la « Veuve ». Elle le suit sur une distance de cent fois sa longueur. Traverser la veuve d’un Lehouine entraine la destruction pour tout navire, quel que soit son type d’écran… C’est une arme redoutable pour tout capitaine sachant manœuvrer.

 

Structurellement, un Lehouine se décompose en deux parties qui ne communiquent pas : un vaste parallélépipède accessible à tous, et une sphère-moteur dont l’accès est exclusivement réservé à un équipage de la Guilde Naviborg.

 

Cette sphère est l’un des plus grands secrets de l’Empire. Insondable ou presque, les rares fous ayant tenté de le percer ont échoué ou sont morts. Lorsqu’ils ne s’offusquent pas d’avoir été soupçonnés d’essai de violation des secrets de l’Empire, certains Prêtres de haut rang laissent entendre que cet endroit « dérange les pouvoirs PSI ». On sait seulement qu’une extraordinaire source d’énergie y trouve sa place et que des champs de forces titanesques s’y déploient…

 

Les sphères-moteur ne sont ouvertes que tous les trois ans environ. A cette occasion, le Lehouine se rend dans l’un des systèmes stellaires ateliers réservés à la fabrication des Lehouines. On peut croire que la source d’énergie des moteurs y est révisée ou remplacée. Mais, selon certains auteurs, cette escale obligatoire serait d’avantage liée à la nécessité d’en desceller les accès et de permettre la relève d’un équipage enfermé depuis près de trois ans…

 

Sur les grands paquebots civils, la partie ouverte au public est généralement d’un luxe ostentatoire. Les parois extérieures du navire sont isolées du vide par des champs de forces et sont agrémentées de parcs, de forêts et de plans d’eau donnant directement sur l’espace. Les ingénieurs paysagistes s’ingénient à reconstituer les écosystèmes de mondes existants ou bien complètement imaginaires. Le passager a l’impression de marcher dans des prés ouverts sur l’Espace ou le Triche-lumière.

 

L’intérieur du vaisseau est occupé tout d’abord par les soutes hangars qui contiennent les marchandises et les vaisseaux Varlet à usage varié. Autour des soutes hangars, les appartements de l’équipage, les locaux techniques et les salles polyvalentes réservées aux affairistes. Puis viennent d’immenses jardins, des salles de spectacles, des centres commerciaux, des parcs d’attractions, des mers artificielles, des casinos, des salons privés et tout autres lieux de rencontre. Ces ensembles ludiques jouxtent les cabines, les suites et les palais privés des voyageurs…

 

Sur les Lehouines de l’Armée, le luxe n’est pas aussi exubérant. Bien que les quartiers d’équipage soit véritablement confortable, ils restent subordonnés aux nécessités fonctionnelles d’un vaisseau de Guerre. Les surfaces extérieures de la coque sont utilisées comme terrains d’entrainement pour les troupes d'assaut. Les ingénieurs de combats y reconstituent à peu près n’importe quel champ de bataille. Les Soldats peuvent alors s’habituer aux conditions des planètes où un combat les attend.

 

Dans les soutes hangars des Lehouines de l’Armée, de nombreux Varlet de combats (chasseurs, frégates, croiseurs et destroyers) sont tenus prêts à prendre leur vol pour des missions de protection, de patrouille ou de débarquement…. Des dizaines de transmetteurs de matières attendent d’envoyer des milliers d’êtres à l’abordage de navires ennemis ou sur de mondes rebelles. A perte de vue c’est une succession ininterrompue de coursives, de tubes-métros, de routes et d'ascenceurs anti-grav qui s’ouvrent sur autant de casernes, de salles de repos, de simulateurs, de bureaux, de locaux techniques, d'hôpitaux, d'ateliers ou de hangars…

 

Hors mis la sphère moteur Naviborg, les zones interdites des Lehouines de combat sont les emplacements où sont détenues les armes de destruction massive : bombes AM (anti-matière), Cassemondes et Déploseurs Nova…

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Malek Hamadou 26/12/2009 15:48


Toujours intéressant ! Mais, le côté fiche technique n'est pas toujours très enthousiasmant. A mon avis, ça passerait mieux dans une petite nouvelle relatant une petite aventure avec quelques
personnages.


MisterBolt 28/12/2009 18:38


Je vais y réfléchir... Merci Malek !
A+