2 - 2150, LES ARCHES A GENERATION.

Publié le par MisterBolt

2 - 2150, LES ARCHES A GENERATION.


2150 – 2858 siècles – AU COMMENCEMENT.


Les premiers Êtres qui percèrent le vide séparant les étoiles furent des Hommes. A ce jour, nous ne connaissons pas d’autre engeance qui, par leur seule volonté, ait risqué la Grande Traversée sans savoir si elle était indubitablement unique dans la Galaxie.

 


Ti-Yu Shapiro (Psycho Historien, Université Malachite de Prima), L’Empire des Hominiens.

 

Aux premiers âges de l’ère spatiale, l’humanité confinée aux frontières de son système stellaire, se présumait seule dans l’absolue immensité de l’espace. Par ce postula, nous ne désirons pas entrer dans la controverse qui divise depuis des éons les experts de la protohistoire  galactique au sujet de l’origine de l’Homme. Rappelons simplement que la doctrine, la plus communément admise, accrédite l’hypothèse d’une seule et unique espèce émergeant sur un seul et unique monde du nom de Terre ou Terra… Certains érudits l’identifient, malgré certains doutes, à Sol III, capitale avant l’avènement de l’Empire de la première Alliance Sidérale digne de ce nom. La grande diversité des traits humanoïdes constatée dans l’Empire d’aujourd'hui résulterait suivant ces mêmes experts, de l’incroyable adaptabilité génétique de la souche humaine initiale, dite souche Solariennes ou Homo-Terrapithèque.

 

La seconde théorie scientifique présume de l’éclosion éparse de groupes d’humanoïdes dans le secteur du quatrième bras galactique. Les différents essaims-souches auraient alors fusionné à la suite de la découverte quasi simultanée du déplacement interstellaire…

 

Des jours glorieux, des bouleversements géopolitiques et des épisodes importants qui marquèrent l’origine de la protohistoire galactique, il ne reste à peu près rien. N’en demeurent aujourd’hui que certains fragments d’épaves pieusement conservées, ainsi que quelques milliers de fables populaires et quelquefois, des « Revenants Gris »…

 

Nous détenons, de ce fait, plusieurs pistes permettant d’émettre des conjectures plausibles sur les premiers voyages subluminique de l’époque Pré-Rosa.

 

LES ARCHES A GENERATION NT4

 

Après avoir conquit les planètes de son système stellaire, avoir édifié de rudimentaires mais solides ports spatiaux, l’humanité fit face aux étoiles scintillantes... Elle les contemplés depuis si longtemps !

 

 Les premiers navires qui se précipitèrent dans les abysses intersidéraux furent des Arches. Ces vaisseaux archaïques (NT4) étaient conçus et assemblés en orbite basse et réalisés avec des alliages composites rudimentaires. Leurs structures suivaient invariablement le même schéma : un cylindre, un disque ou une roue en giration constante d’un diamètre de 1 à 2 kilomètres accueillait la population de l’arche : Eden. Cette partie du vaisseau était toujours placée en tête, protégée derrière un épais bouclier anti collisions. Puis venait un singulier assemblage d’instruments comprenant entre autre les générateurs d’énergie, les réservoirs, les recycleurs d’air, les épurateurs d’eau et tout un ensemble complexe d’équipements et de soutes : le Cœur. Pour parachever le tout, un deuxième bouclier, antiradiation, séparait l’ensemble des puissants propulseurs à impulsion nucléaire : l’Enfer. Bien souvent, cette section était largable une fois l’accélération maximale obtenue.


La rotation de la partie habitable assurait une gravité de 1g sur le contour intérieur de la roue, s’affaiblissant graduellement vers le moyeu.

 

La largeur des plus grands modèles de roue connus frôlait les 500 mètres, soit 3.000.000 m² de surface vivable. Cinq cents couples s’unissaient pour réaliser un projet qu’ils n’achèveraient pas par eux-mêmes. Seuls les descendants, des arrière petites enfants de leurs descendances auraient le privilège d’atteindre « la terre promise ». Une fois lancé, le vaisseau était accéléré par une série d’impulsion nucléaire : une explosion atomique par seconde à l’arrière du vaisseau. La vitesse de l’engin n’excéderait cependant pas 30.000 km à la seconde, soit à peine 10% de la vitesse de la lumière. Un long périple, en vase clos, commençait pour plus de 6 à 10 filiations.

 

A cette époque il fallait 10 ans pour franchir 1 année lumière… De nombreuses contraintes, tant humaines qu’organisationnelles, s’imposaient fatalement aux voyageurs. Car si la génération initiale était composée d’une élite formée et enthousiaste, 15 ans plus tard la première génération née in-situ et donc principalement composée d’adolescents, l’était déjà nettement moins… Imaginez le climat social d’un tel microcosme à la quatrième génération, après quatre-vingt années de confinement et seulement huit pitoyables années lumières de franchies... Un gouvernement de type autoritaire et militaire s’avérait donc vital à bord des Arches. Mutineries, intrigues, subversion, anéantirent près d’un vaisseau sur quatre.

 

Le second défi des Arches était concomitamment lié à sa technologie. L’analyse des vestiges retrouvés met en évidence les énormes problèmes de vieillissement des matériaux employés. Plus de 20% des Arches succombèrent à cause d’une défaillance structurelle, d’un arrêt des systèmes de survie ou d’une simple et lente, mais fatale, déperdition d’énergie.

 

Le troisième souci, le plus tragique, était l’absence de « Terre promise ». Imaginez-vous à bord de l’Arche ! Le terminus a été solennellement annoncé, les inestimables stocks de combustible destinées au ralentissement du navire ont été brûlé en grande pompe, mais la « verdoyante planète » se révèle n’être qu’un maelström de roches en fusion et de vapeur mortelles. Pas de retour possible pour 15% des Arches qui furent ainsi piégées.

 

Toutefois, quand bien même l’Arche parvenait à rejoindre un monde favorable à la vie humaine, il se dressait un ultime obstacle : la dérive sociale et technologique. Les primo-colonisateurs avaient le choix entre la liberté individuel sur un nouveau monde vaste et pur, ou implanter une base sous l’autorité d’une élite auto proclamée…

 

L’organisation interne de l’Arche, qui permettait à quiconque de connaitre sa place, ses responsabilité et sa fonction, s’écroulait en quelques mois. L’équilibre étant rompu, les indisciplinés, les insoumis et les opposants s’égaraient dans les vastes espaces à défricher, entrainant parfois à leur suite la masse des indécis et des hésitants.

 

Partagée, affaiblie, la colonie ne parvenait pas à trouver l’élan indispensable à son essor. Elle finissait par se flétrir socialement et technologiquement. La régression était dans certains cas si brutal qu’elle pouvait en quelques générations, faire plonger les vaillants pionniers jusqu’à l’âge de pierre. Il fallait tout recommencer à zéro, ou presque… Remonter la pente de l’évolution et de l’innovation pouvait prendre des centaines, voir des milliers d’années. Ce fut le cas de 25% des Arches parvenues à bon port.

 

Donc, 5% seulement des Arches accomplirent raisonnablement leur devoir envers l’humanité. En conservant un fragile contact avec leur monde d’origine (les ondes mettaient des années à porter les messages), les équipages des Arches à génération NT4 édifièrent des colonies jeunes, vigoureuses et étonnantes.

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Malek Hamadou 23/11/2009 06:53


Passionnant cette petite histoire de la diaspora à bord des arches ! C'est vraiment bon ! Très cohérent et détaillé! On sent l'influence d'Asimov, mais c'est plus fouillé ! J'ai adoré ! Et c'est
bien écrit ! Bravo !

Je reviens bientôt !


MisterBolt 24/11/2009 08:39



Merci Malek. Les Arches à Génération sont un grand classique de la SF.
Piers Anthony dans son roman "CONSTELLATIONS" décrit à merveille les effets étonnants de la régression sociale et technologique des colonies lointaines. C'est un
exellent bouquin.