6 - LES CHRONIQUES DE JASON McCORD - Lili Remora

Publié le par MisterBolt

Epsilon AGRI est en « odeur ». Sa douceur sucrée est maintenant dominante. Plus « le vaisseau-être-Jason » s’approche de la planète, plus les envoûtant parfums de vanille et de cannelle se mêlent aux fragrances savoureuses du loukoum et des fraises des bois...

 

Enfin ! Le Tracevide déchire le voile triche-dimensionnel et réintègre l’Espace conventionnel.

 

La mise en orbite est expéditive. Le scan réglementaire des douanes ne révèlant rien, le vaisseau reçoit l’autorisation d’aborder la station « Apogée ». Les formalités admins accomplies, Jason valide son ticket pour l’ascenseur gravitationnel. Il plonge à une allure démentielle a travers des strates atmosphériques en direction de Silo, la Capitale, située 30.000 mètres plus bas.

 

Pendant la descente, Jason observe les voyageurs qui l’accompagnent... Près de lui un groupe non chaland de marchands semble attendre la fin de la descente. Certains d’entre eux, reconnaissable à leur costume-uniforme beige, sont des corporatistes de la CECO... Les autres sont des Libr’af… A l’opposé, agglutiné aux cloisons transparentes de la cabine, un groupe de vacanciers excités commente bruyamment le spectacle... De-ci de-là quelques rôdeurs et des permissionnaires sur le retour complète le tableau...

 

Le sol se rapproche : Silo se dévoile... C’est une capitale tentaculaire faites de blocs Archologiques colossaux... Plus de quatre cents millions d’habitants... Une véritable fourmilière d’âmes. Comme le survol de Silo est strictement réglementé, seul les bulles du réseau urbain de la CECO circulent, ainsi que les véhicules des services publics (police, ambulance, voierie, diplomate...) et les bulles des professionnelles homologuées (réparateurs, taxis, livreurs...).

 

Aussitôt la première impression dissipée, Silo se révèle explicitement décevante. Les Archoblocs sont dans l’ensemble assez anciens et mal entretenus... Malgré d’innombrables parcs et jardins, les façades grisâtres l’emportent sur la végétation maladive... La pollution ambiante y est d’une banalité attristante ! Les touristes enthousiastes il y a peu, sont visiblement désappointés... Tant mieux !

 

La gravité sur Silo est imperceptiblement plus faible que la norme alors Jason se sent un peu barbouillé… l’habitude… Il se dirige d’un pas assuré vers le premier guichet de location, et laisse derrière lui le troupeau des touristes qui commencent à geindre pour de futiles caprices ! « Faites les taire, non d’un Boulbak ! ».

 

Jason effleure le pupitre de auricu-caisse et loue une bulle autoguidée qui l’emmènera chez Lili Rémora. Au dernier moment il se ravise d’appeler la sulfureuse demoiselle pour la prévenir de son arrivé… Inutile ! Les communications sont peut-être contrôlées… « Tu délires », pensa dit-il ! Il n’empêche que sa paranoïa lui a souvent sauvé la vie… Jason se fie plus à son sixième sens qu’à sa raison…

 

Le temps de récupérer son bagage, Jason grille une Régé (21). Il grimpe ensuite dans la bulle qui vient d’atterrir et marmonne rapidement l’adresse, sans prêter attention au laïusse commercial de l’autopilote qui tente de lui vendre ses forfaits à prix cassé et autres prestations... La bulle s’élève posément et rejoint la circulation chaotique de la capitale. Promptement le frêle véhicule s’engouffre au travers de portiques magnétiques et traverse de part en part de gigantesques Archologies… débouchant le long d’avenues démesurées, saturées de publi-panneaux anti-grav… Quel merdier !

 

Enfin, la bulle ralentie et se dirige vers une zone de parking-box. L’Archologie où loge Lili est ultra moderne, flambant neuve. La « petite » n’a pas de problème de loyer ! Intéressant…

 

D’un bond, Jason se retrouve sur la tarmac. Il consulte d’un clin d’œil le diagramme des rubans piétonniers… s’oriente rapidement et file rondement vers la zone d’habitation choisit. En quelques minutes il est face à l’embrasure de plastacier, blanc créme, du conap de Lili. L’entrée est bordée par deux élégant arbrisseaux au troncs galbes et au feuillage magenta, moucheté de rose, qui révèlent de minuscules senseurs de présence…

 

D’un geste précis il toc au butoir électronique et attend… La porte semble s’évanouir en miroitant. Derrière la cloison opalescente, Jason distingue une silhouette élégante et racée. Le passage reste mi-opaque…

 

- A qui ai-je l’honneur ?

 

Le timbre de voie est chaud et exquis… Un peu trop, peux être !

 

- Je suis Jason Mac Cord et je…

 

« …vous attendais ! Parachève la voix… vous n’avez pas traîné, dites-moi… »

 

L’accès s’opacifie mais s’escamote rapidement dans la cloison… Découvrant Lili Rémora…

 

Jason reste bouche bé… Il faut dire que la donzelle est cent fois plus surprenante que sur l’holo-picto de Tipo Thi ! Ses formes girondes et athlétiques sont d’une plastique magistrale. Jason plonge littéralement, comme absorbée, dans le regard de la séduisante sirène. Ses délicates prunelles sont enchâssées au coeur d’un iris couleur jade… Sa chevelure acajou, ondoyante, roule le long de son cou avenant et délectable… Ses lèvres, chatoyantes, admirablement humectés, sont finement ourlées et dévoilent une dentition parfaite, lumineuse… Un grain de beauté caresse le bord de sa bouche et capte l’attention ! Wouah… pense Jason.

 

- Vous entrez ou vous comptez me dévisager jusqu'à la prochaine décade, Mr Mac Cord !

 

Jason se ressaisit… Il n’aime pas être pris à défaut… Il se racle la gorge…

 

- Melle Remora ! Enfin, je suppose ! …

- Oui, j’ai pour habitude d’habiter chez moi voyez vous ! …Entrez et refermer derrière vous… Un verre ? Du Cyclopoïde ? Je me suis procurer votre infect breuvage… Là dans le minibar… Un Zsotch pour moi ! Bon, commençons par le début… Vous n’avez pas l’air très malin mais Tipo semble vous…

- Oh là, oh là ! Ma p’tite dame… Je n’ai pas l’habitude de parler travail sans connaître mon partenaire ! Votre petit numéro de charme pour cosmatelot en permission n’a aucun effet sur moi… Vous pouvez remballer la marchandise… vous n’êtes pas mon type ! Et puis, dites-vous bien que si je ne vous fais pas confiance il vous reste quelques secondes à vivre… Tipo thi et ses belles promesses peuvent allez au diable, et vous en serait la seule coupable… Alors, assise… c’est moi qui pause les devinettes…

 

Soudain le faciès de la malicieuse se durcit… Ses yeux se transforment en dagues chauffées à blanc… Jason sait qu’il a fait mouche… Vraiment mignonne… La colère la rend divine !

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